A la conquête du frigo...

14 novembre 2015

13 Novembre 2015 : Mon monde bascule

Je n'ai pas l'habitude d'écrire un tel billet. J'ai tergiversé toute la journée. J'ai pris le temps de me poser, de réfléchir, de mettre à plat ce que je ressentais. J'ai pris le temps de lire les informations, les réactions, les commentaires, les discours. Il me paraissait finalement important de coucher sur le papier (fut-il d'un blog), quelques mots, quelques phrases, sur ce qui s'est passé hier soir.

 

Comme tout un chacun, j'ai appris la nouvelle aux informations, sur internet. J'ai appris qu'il y avait eu une, puis non deux, puis trois, mais non six attentats dans Paris. J'ai appris que des dizaines des personnes étaient tuées, puis plus d'une centaine. J'ai attendu devant ma télé, jusqu'à une heure du matin, l'assaut du Bataclan pour savoir combien d'entre nous allaient s'en sortir. 

 

Combien d'entre nous, et non pas combien d'entre eux. Combien d'entre nous car si je suis touchée lorsqu'un attentat a lieu dans un pays étranger, je le suis encore plus quand il s'agit de mon pays. De ma ville. Je ne suis pas parisienne d'origine, mais j'y vis depuis environ trois ans. Et si j'en suis éloignée pour des raisons de santé depuis quelques semaines, je suis normalement résidente du 11e arrondissement. 

 

J'étais présente lors des attentats du 7 et 11 janvier dernier. Comme des millions de parisiens, je suis rentrée chez moi la boule au ventre, les larmes aux yeux et le coeur en miettes. Je devais y être présente hier et aujourd'hui, dates que j'ai dû décaler. Alors hier soir, quand j'ai vu que cela se passait près de chez moi, dans mon arrondissement, dans ma ville, avec des gens que je connaissais peut-être, mon sang n'a fait qu'un tour. Comme beaucoup, je me suis inquiétée, j'ai supplié toutes les entités spirituelles possibles que mes amis soient en bonne santé. Je n'ai pas envoyé de sms de peur que le réseau ne soit saturé, mais j'ai guetté le moindre signe sur les réseaux sociaux, pendant des heures, parcourant inlassablement la liste de mes amis qui ne s'étaient pas encore déclarés hors de danger d'après la nouvelle application lancée par Facebook. Je me suis demandée si en rentrant, je ne découvrirais pas qu'un homme ou qu'une femme que je croisais tous les jours dans la rue était parmi les victimes.

 

J'ai pleuré aussi. Je n'ai pas honte de le dire. Même à distance, même sans avoir été victime, même après avoir appris que tous mes amis étaient hors de danger, j'ai pleuré. J'ai eu peur. J'ai eu mal, aussi. Je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris comment on pouvait s'en prendre à des innocents, dans la rue, sans aucun autre motif que celui de la haine. Je n'ai pas compris comment on pouvait prendre des cibles au hasard, sans avoir une once de pitié. Je n'ai pas compris comment on pouvait retirer du plaisir à l'idée de tirer comme du gibier (je ne trouve pas d'autre expression) des centaines de personnes dans une salle.

 

Mon monde a basculé.

 

Soudainement, je me suis demandée si j'étais sur la bonne planète. Si je vivais réellement dans un monde où la vie a si peu de prix, si peu de valeur aux yeux de certains. Si je vivais dans un monde où les valeurs que je partage, en lesquelles je crois, ne sont considérées comme essentielles que par moi.

 

Je me suis demandée si je n'étais pas folle. Si je n'étais pas idéaliste. Si j'étais faite pour ce monde.

 

Et puis j'ai vu les initiatives individuelles.

 

J'ai vu les messages sur les réseaux sociaux. J'ai vu les hashtags. J'ai vu les nouvelles photos de profil. J'ai vu les messages de soutiens. J'ai vu les manifestations organisées partout pour soutenir mon peuple. J'ai vu les monuments du monde entier s'illuminer. J'ai vu des gens se précipiter aux dons du sang. Et j'ai compris.

 

J'ai compris que je n'étais pas folle, que je n'étais pas idéaliste, que j'étais du même monde que les autres. Et j'ai compris que si j'ai eu peur aujourd'hui, demain je serai plus forte, que si je me sentais seule hier, aujourd'hui je suis des millions.

 

Je n'ai que des mots pour exprimer ce que je ressens. Je n'ai que de pauvres phrases pour apporter mon soutien aux autres, mes pensées aux victimes et à leurs proches. Je n'ai pas de dessin percutant, pas de grande idée, pas de punchline. Je n'ai que ce que je ressens, mais je me dis que c'est déjà ça.

 

 

attentats-paris-hommage

 

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05 novembre 2015

Festival Amoureusement soupe 2015

Bonjour à tous ! 

 

Si ce week-end, vous êtes sur Paris, que vous trouvez le temps un peu frisquet, que vous avez oublié de déjeuner, j'ai déniché la solution qu'il vous faut : vous pouvez participer au Festival Amoureusement soupe 2015 !

 

Ce festival de la soupe se tiendra place des Abbesses à Montmartre. Il réunit une vingtaine de blogueurs qui vont vous cuisiner des soupes, et vous les faire déguster. Au programme de cette année, "les légumineuses et la santé", c'est-à-dire lentilles vertes ou corail, pois chiches, haricots qu'ils soient blancs ou rouges, etc... Ces légumes secs souvent oubliés et pourtant riches en glucides, en protéines, en fibres, en acides aminés...

 

Cela se déroule le samedi 7 novembre, de 11h30 à 17h30, avec deux tournées de soupe, une à 11h30 et une à 14h30. Les soupes ont été préparées sur place et à la fin du festival, la meilleure soupe sera couronnée ! Si tant est que la couronne puisse tenir sur la soupe sans couler...

 

Pour déguster les dix premières soupes, il vous suffira d'acheter un bol à 10€. Si vous voulez déguster aussi les dix soupes de l'après-midi, vous devrez racheter un autre bol à 10€. 

 

Surtout, n'hésitez pas à me raconter en commentaire votre expérience ! Je n'ai entendu que des avis positifs depuis que j'ai découvert ce festival, et je regrette déjà de ne pas pouvoir y aller...

Pour plus d'infos, cliquez sur la photo !

En attendant :

Mes recettes de soupe

Mes recettes aux lentilles

 

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28 octobre 2015

Confiture de châtaignes et balade automnale

Quelques jours que je n'ai pas écrit d'article mais cela me manquait. Je reviens pour de nouvelles aventures, au bois, cette fois-ci. C'est un peu la fin de la saison de récolte des châtaignes, la période faste étant tombée malheureusement... eh bien, en même temps que moi ! Le temps de consolider mes os suffisamment pour aller vagabonder en terrain périlleux à bord de mon bolide, et il ne reste déjà plus grand-chose. Juste de quoi faire quelques pots de confiture...

 

C'était aussi un prétexte pour admirer les couleurs de l'automne, les arbres se parant de jaune, de rouge ou d'orange. J'ai également pu tester une nouvelle technique pour ouvrir les bogues. En effet, du haut de mon fauteuil, le sol est bien bas, et impossible pour moi d'atteindre lesdites coques. Sans compter qu'avec un seul pied, bien installé sur une cale, pas question de les écraser pour en sortir les fruits. C'est donc armée d'une béquille, le fauteuil immobilisé, que je les ai approchées de moi, puis écrasées ! A charge pour mes parents de ramasser ensuite mes trouvailles en petit tas. Une expérience réussie !

 

Une fois rentrés, exténués, nous ne nous sommes attelés que le lendemain à la préparation de la fameuse confiture de châtaignes et qu'aujourd'hui à sa dégustation, après avoir acheté du fromage blanc pour aller avec. Certains l'appellent aussi crème de marron du nom de la première crème inventée par un industriel qui voulait récupérer les brisures des marrons glacés qu'il fabriquait (lesdits marrons étant en fait des châtaignes puisque les marrons du parc municipal sont en réalité des marrons d'inde, non comestible - tout le monde a suivi ?)...

 

Pour nos pots de confiture de châtaignes, il nous a fallu:

- des châtaignes

- du sucre

- de l'eau

- une gousse de vanille

 

On commence par enlever la première peau des châtaignes au couteau. On coupe également les fruits en deux voire en quatre, pour vérifier qu'aucun ami asticot n'y a élu domicile, et certains se cachent bien...

 

On met ensuite à bouillir le tout recouvert d'eau, dans un grand fait-tout. Quand les châtaignes sont cuites, ce qui prend environ 20 à 30 minutes, on jette les peaux qui se sont détachées et flottent à la surface Puis, on passe le reste du moulin à légume avec la grille "moyenne". Attention de les prendre directement de la casserole avec un écumoir au lieu de les égoutter avant à la passoire pour ne pas trop les assécher. On obtient alors une purée. Le reste de la seconde peau de la châtaigne est dans le moulin à légumes.

 

On pèse la purée, on met l'équivalent du poids de la purée en sucre dans un grand fait-tout avec un verre d'eau. On met à chauffer. Quand le sucre bout, on jette la purée de châtaignes dans le sucre, avec une gousse de vanille. On mélange sans arrêt en début de cuisson. On laisse cuire ensuite jusqu'à ce que la confiture épaississe et fasse la "nappe", ce qui peut prendre jusqu'à une heure (e.g. on met une coupelle au frigo qu'on sort au moment du test, on prend un peu de confiture qu'on met sur la coupelle et en bougeant celle-ci, on peut voir si la confiture fige ou pas).

 

On s'arme de son fromage blanc, d'une cuiller, et c'est prêt à déguster ! La confiture de châtaigne peut aussi servir de base pour des tartes, des gâteaux...

 

Confiture de châtaignes

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16 octobre 2015

Hors-sujet #1 : Ma vie à roulettes

Voilà quelques jours que cet article me travaillait. Parce que ça n'a pas forcément sa place sur un blog de cuisine, parce que ça n'est pas forcément consensuel...

 

Et pourtant, je me suis dit qu'après tout, un blog, c'était fait pour parler de ce qui nous tient à coeur. Qu'un blog de recettes de cuisine, c'est bien, mais un blog qui parle aussi de coups de coeur, ou de coups de gueule de l'auteur, même sans être liés à la cuisine, c'était pas si mal non plus. Alors voilà la naissance d'une nouvelle catégorie, "Très loin du frigo", pour parler d'un peu de tout, d'un peu de rien, une catégorie "humeurs", si vous voulez. 

 

Et ce soir, j'ai envie de vous parler de ma vie à roulettes. Parce que ceux qui me suivent un peu savent qu'il y a quelques semaines, je me suis fait percuter par une voiture, sur la voie publique, à deux pas de chez moi, dans la capitale. Bilan: double fracture de la cheville, ouverte et luxée. Un joyeux programme qui m'oblige à rester six semaines sans poser le pied par terre. Depuis, après opération, multiples plâtres d'essai, cinq jours d'hospitalisation, béquillage difficile, j'ai obtenu un fauteuil roulant pour me déplacer un peu plus facilement.

 

Enfin, facilement, c'est ce que je croyais.

Parce qu'avant d'être à roulettes, on ne se rend pas compte que les trottoirs ne sont pas tous totalement horizontaux mais un peu penchés, vers la route, et que de ce fait, sur ton fauteuil, tu te cramponnes en espérant ne pas tomber.

On ne se rend pas compte non plus du nombre de foutus pavés qui font tellement "coeur historique" de la ville, et qui, quand t'as une fracture, te font des vibrations dans le plâtre pile là où il ne faut pas et réveillent les douleurs.

On ne se rend pas compte non plus que les allées dans les magasins sont parfois étroites, encombrées, et permettent difficilement de manoeuvrer.

Que les portes d'entrée de ces mêmes magasins ne se bloquent pas toujours et que c'est difficile de les tenir en même temps que tu pousses ton fauteuil le plus vite possible pour ne pas gêner le passage trop longtemps.

Que les tourniquets d'entrée de ces mêmes magasins ne te permettent pas de passer et que tu dois prendre une entrée de caisse à contre-sens, en dérangeant tout le monde.

Que les poubelles sur les trottoirs, c'est bien gentil, mais ça prend les trois quarts de la place, et ton fauteuil, tu le fais passer où ? Sur la chaussée ? Mais on ne m'avait pas dit que j'avais droit à la piste cyclable !

Que les poteaux pour empêcher les voitures de se garer là où le trottoir s'abaisse à hauteur de la route et s'élargit, au centre d'une ligne de parking, c'est adorable, mais ça complique d'autant plus tes manoeuvres qui se transforment en partie de kart. "Impact évité !"

Que les graviers des parcs municipaux ne te permettent pas de rouler correctement parce que tu n'as pas des pneus tout terrain et adieu la jolie verdure dont tu voulais profiter en centre-ville.

Que les places de parking normales sont trop étroites pour pouvoir sortir ta jambe immobilisée de la voiture, ton fauteuil à côté de toi.

Que celles réservées aux handicapés demandent des semaines d'attente pour obtenir le joli macaron te permettant de t'y garer, autant dire, trop de temps par rapport à la durée de ton immobilisation temporaire. 

Que les arrêts de bus sur les trottoirs provoquent des attroupements avec des gens pas toujours prêts à se décaler pour te laisser passer sans soupirer un bon coup.

Que les foules font peur, avec leur tendance à piétiner, à ne pas trop regarder où ils vont (ce qui peut se comprendre), à te dévisager du regard quand tu passes, ta jambe tendue en avant pour maintenir ton plâtre en place. "Eh, tu veux ma photo ? C'est dix euros !"

 

Si je parle de tout ça aujourd'hui, c'est parce que demain, nous sommes samedi. Comme tout le monde, j'ai envie d'en profiter un peu pour aller me promener, flâner, faire les boutiques avec ma famille. Sauf que demain, ça sera plus difficile pour moi que quand j'étais valide. Demain, je risque aussi de rentrer déprimée et épuisée d'avoir dû affronter tous ces obstacles juste pour admirer ce beau livre de cuisine que j'avais repéré. 

 

Je ne me plains pas, mes difficultés ne vont durer qu'encore un mois. Mais je pense à tous ceux pour qui cela dure plus longtemps, voire même beaucoup plus longtemps... La vie à roulettes, ça n'est pas de tout repos !

 

 

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15 octobre 2015

Muffins aux pépites de chocolat et pralin

Deuxième recette de muffins testée hier après-midi, que je vous livre à l'heure du goûter, pour bien saliver ! C'est pour votre bien, pour que vous puissiez tester au plus vite. Parfois, je n'ai pas envie d'être la seule à craquer pour une gourmandise... Surtout qu'il paraît que depuis qu'on me pousse sur mon bolide à roulettes (comprendre: mon fauteuil rutilant), il faut que je me mette au régime...

 

Pour cette recette, et pour 12 muffins, j'ai utilisé:

- 300g de farine

- 120g de sucre blanc

- 125g de beurre

- 2 oeufs

- 20 cL (ou 200mL) de lait

- 1 cuiller à café de levure chimique

- 100g de chocolat

- 75g de pralin

 

Je commence par faire préchauffer le four à 200° (th 6-7). 

Je mélange d'abord les ingrédients secs, donc le sucre, la farine et la levure chimique. Dans un autre saladier, je délaye les oeufs avec le lait. 

Je mélange les deux préparations rapidement. Je fais fondre le beurre et le rajoute. Lorsque la pâte est bien lisse et sans grumeaux, je rajoute le pralin et les pépites de chocolat, et je mélange à nouveau rapidement. A ce moment, je fais couler dans des moules, et j'enfourne pour 20 minutes. C'est enfin prêt à déguster !

 

muffin chocolat pralin

 

Si vous voulez que je vous en envoie un, cliquez ci-dessous !

 

GBA2014

Posté par Claire BV à 16:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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